La fraternité runique (histoire à suite).

De nobles conteurs, à l'esprit empli de légendes et de hauts-faits, parcourent souvent notre belle place ! Venez les écouter !

Messagepar Johnn » Lun 27 Déc 2004, 16:27

Lentement, la puissante magie de l’archi-diable repoussa la mer et l’eau graduellement se retira. Sa zone d’influence grandit ainsi que sa souillure. La nature se plia à sa volonté et se retrancha sur elle-même. De son glorieux temple, il ne restait que ruines rongées par les eaux et le sel. Le maître des âmes réalisa que ce monde avait changé et il nourrit secrètement l’espoir que cela pourrait être favorable à ses noirs dessins. Il puisa l’énergie de son puissant rituel dans l’essence même de ses sbires. Certains moururent, d’autres s’effondrèrent, certains tinrent bon. C’était sans importance, ils étaient là pour ça, pour le servir. La chaleur monta dans le dôme et elle devint rapidement étouffante. Le maître des lieux décida alors de se retirer. Il franchi le portail en sens inverse et beugla ses ordres. Alors qu’il retournait en son palais, déjà ses esclaves commençaient les travaux de reconstruction. Il faudrait un peu de temps, il en avait. Privilège des être immortels.


L’auberge était bondée comme chaque soir. A une table, un firbolg et un lurikeen se tenaient face à face avec une lueur de défi dans les yeux. Grunt était célèbre dans la région, il était reconnu pour être le plus grand buveur à des lieux à la ronde. Pourtant, le petit Capsul l’avait défié et avait misé cent pièces d’or qu’il le ferait tomber sous la table. Ce genre d’activité était rare dans cet établissement réputé pour sa bonne chair, ses bons vins et ses prix exorbitants. Les deux adversaires avaient déjà le regard vague et les verres alignés sur la table témoignaient de leur investissement.
Valyra alla trouver l’aubergiste et le salua. Elle devisa avec lui quelques minutes pendant lesquelles Vaedris regardait le duel en souriant. Son regard croisa celui du lurikeen un bref instant et capsul afficha un grand sourire malicieux.

Valyra et Vaedris montèrent à l’étage vers la chambre qui leur était destinée. L’un comme l’autre étaient silencieux et ils appréhendaient un peu ce qui allait pouvoir se passer. Il y avait dans l’air de la gène mélangée à un sentiment de désir. Soudain Vaedris de figea. Il l’avait entendu grogner. Il y avait quelque chose là, tout près. Elle se manifestait. Il ressentait sa colère d’être captive. Elle voulait sortir. Il banda toute sa volonté et la reflua au plus profond de lui-même. Pourtant il y avait quelque chose dans l’air, une force invisible qui l’attirait. Comme la dernière pièce d’un puzzle ou la serrure d’une clé. Il tira son arme du foureau. Valyra le regardait faire mais se taisait. Elle aussi avait sentit quelque chose, comme si leurs esprits communiaient pour répondre à l’appel d’un autre.


- Et bien je suis le bras ? Parle donc ! De quoi s’agit il ? La fraternité runique est elle une guilde ? Un ordre secret ?
- Pauvre ignorant, toi qui te targue de ne jamais te laisser surprendre, tu t’es jeté dans la pire des catastrophes avec l’innocence d’une jeune chèvre. Et maintenant ? Que vas-tu faire ? Exiger de moi ton paiement ? Me tuer ou continuer à me dévorer des yeux comme un enfant devant un pot de biscuit ? Je ne peux pas t’aider et je n’ai aucune raison de le faire. Par contre, j’en ai une de plus de vouloir ta mort… Et je l’aurais.

Sanaslaïr sourit, elle se dévoilait enfin et dans ses paroles il comprit qu’il ne lui était pas indifférent. Il percevait la confusion qui bataillait dans l’âme de cette femme. Il y a quelques jours, il aurait volontiers affirmé qu’elle était sans pitié et plus noir que la plus noire des pierres. Sans pitié elle l’était, sans aucun doute, mais il sentait que cela rentrait dans un grand dessin. Quelque chose dont provisoirement il ne pouvait distinguer les contours et pourtant…

Il perdit quelques instants son regard sur ses formes rondes se demandant effectivement si enfin il n’allait pas la coucher en travers du lit et donner libre court à ses pulsions. Il n’eu pas le temps de se décider.

La porte vola en éclat et s’ouvrit dans un grand fracas. Le protecteur se tenait là et avec lui la cible encore en vie, bien entendu. Chose nouvelle, il était armé d’une épée qu’un nain ivre mort, édenté et aveugle n’aurait eu aucun mal à identifier comme une arme magique. Si il avait eu d’avantage de temps, Sanaslaïr aurait étudié l’arme plus en avant mais la situation ne manquait pas d’être cocasse. Le commanditaire, la cible, l’assassin et le protecteur dans la même pièce au même moment. Situation somme toute embarrassante et qui pouvait aisément se finir dans un bain de sang. Il décida donc d’opter pour la solution qui lui apporterait le plus de chance de survie :

- Soyez les bienvenus, nous vous attendions.

La femme lui lança un regard noir, elle n’en revenait pas, il les avait fait venir. Elle regarda sa belle fille incrédule qui posait sur sa nudité des yeux ronds de surprise et de confusion.

- Entrez et fermez ce qu’il reste de la porte que nous soyons un peu tranquille, d’ailleurs ma dame est fort pudique et répugne a se montrer nue en public. Vous n’y verrez pas d’inconvénient si elle s’octroie de droit de se vêtir quelque peu ?

Vaedris n’eu pas le temps d’achever sa réponse que déjà elle était a ses genoux :

- La prophétie a achevée son cercle, malgré nos efforts, malgré notre garde a travers les siècles, nous avons échoué et cet échec provoquera notre perte à tous. Sauvez nous, sauvez nous de la destruction que vous avez provoqué. Il va venir, il est déjà là et sa pestilence va se répandre. Il détruira tout ce qui a été battit et nous serons ses esclaves vaincus et soumis aux tourments infernaux pour les millénaires a venir. Vous seul pouvez rompre le cycle désormais, sauvez nous. Vous êtes le maître des runes, le dernier des anciens, sauvez ce monde, au nom de tout ce qui vie, marche, rampe, vole ou nage, je vous en supplie !!!

Sanaslaïr la regardait avec tant de surprise qu’il ne cherchait même pas à la feindre. En quelques secondes, il avait perdu le peu de contrôle qu’il lui restait. La situation lui échappait totalement et il ne comprenait pas un traître mot que ce qu’elle avait voulu dire. Pourtant il savait qu’elle était terrorisée. Tout ce qu’elle avait dit était le fruit d’une crainte immense, un peur irraisonnée et désespérée.

Vaedris se serait bien volontiers passé de cette femme tremblotante cramponnée a ses genoux. Quand à Valyra elle regardait sa belle mère sans savoir si elle devait l’égorger ou la plaindre.

Vaedris rangea son épée et il reprit la parole :

- Lâchez moi, habillez vous et expliquez vous.

Quelques minutes s’écoulèrent avant que chacun soit prêts à parler et écouter. Manifestement il y avait de nombreuses choses à dire. La femme une fois vêtue commença son récit :

- Sa venue est annoncée depuis de nombreux siècles et c’est notre rôle a nous de l’empêcher. Notre confrérie remonte aux temps très anciens et fût fondée après la chute de l’empire Atlante. Il se nomme, l’ordre de la rose.

Nous n’avons qu’une vision très parcellaire de l’histoire mais chaque membre de l’ordre une fois initié ouvre la porte de ses rêves. Alors nous voyons son œuvre de destruction telle qu’elle pourrait être si le cercle venait à se fermer.
Chaque nuit, nous subissons ses tortures, nous subissons sa haine pour en prendre conscience dans notre éveil et luter dans jamais oublier. Nous voyons la terreur, la destruction, la souffrance et la mort.
Pour se fermer, le cercle doit réunir les yeux, le bras, le cœur, et l’âme alors la prophétie annonce que ce qui fût scellé s’ouvrira de nouveau et qu’il viendra chercher ce dont il a été privé par le maître des runes. Notre charge et de faire en sorte que jamais cela ne se produise. Mais le cycle est continuel et sans cesse, les yeux, le bras, le cœur et l’âme cherchent à se rejoindre.
Je suis désolée ma fille, tu es le cœur et tu devais mourir. Sharin était le bras, il devait mourir. L’âme est immortelle et elle incarne la bête. Quand a moi, je suis les yeux et je n’ai pas le droit de mourir car les yeux doivent être vigilants et toujours ouverts. Pourtant si cela pouvait briser le cycle, je me donnerais la mort sans hésiter. Les brigands que j’avais payés ont échoués, et bien pire, ils ont réveillé l’âme. Cet homme qui est là est un assassin, le plus doué de sa profession semble t’il pourtant, il a échoué aussi et comble de l’ironie… Il est devenu le bras sans le savoir. Ainsi le cercle est fermé et le malheur arrive… Nous avons tous échoués, nous allons en payer le prix.



A suivre.
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Messagepar drsez » Sam 01 Jan 2005, 23:20

bah comme Tower on veu la suite :)
Ca serai dommage de rester sur notre faim :wink:
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Messagepar Johnn » Mar 15 Fév 2005, 17:03

Fyl parvient en haut des escaliers. Le seul fait de monter ces maudites marches a suffi à accaparer toutes ses pensées. Dans quelques instants il va se présenter devant Likhar, sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire et pourtant il doit le convaincre de briser la Fraternité runique et d’aider son maître. Comment allumer un feu éteint ? L'Ordre de la Rose, ou autrefois la Fraternité runique. Quel nom ridicule ! comment faire respecter un tant soit peu de courage, de force, de grandeur à travers des termes si désuets ? Démogorgone, voilà un nom qui en impose ! L’Ordre de la Rose ! La subtilité humaine n’est vraiment pas le fort du gobelin.
Fyl s’avance : la pièce est immense et sombre. Ses yeux ne parviennent que laborieusement à s’habituer aux formes et aux contrastes mais tout est à l’instar du château : mort, vide, inexpressif. Le gobelin frissonne de nouveau. Et il n’a toujours pas la réponse à sa question : comment allumer un feu éteint ?


Chacun réfléchit aux paroles prononcées. Vaedriss commence à prendre conscience de toute leur étendue. Sanaslaïr entretient son masque impassible mais les révélations font place à une multitude de questions. Plus que tout, il gère de moins en moins son malaise : il n’a rien à faire ici. Valyra médite : sa belle mère lui apporte des réponses… des réponses qui viennent enfin expliquer les peurs et les terreurs des derniers jours, mais qui laissent présager le pire. Sanaslaïr rompt alors le silence pesant :

- Et votre nom très chère ??
- Ellen
- Ellen les Yeux ?

- Peut-être que je vais pouvoir vous donner un autre nom que celui de Protecteur ? demande Sanaslaïr en se tournant vers Vaedris.

Le Maître des runes ne répond pas. Il foudroie du regard cet homme à la langue trop pendante mais Elle se met aussitôt à grogner. Si ce n’était Valyra à ses côtés, il lâcherait la Bête et laisserait sa haine et ses souffrances dévaster cette auberge. Mais Ellen l’a rappelé à son destin. Il pensait en avoir fini. Il pensait avoir consenti au plus grand sacrifice. Mais la vie l’entraîne dans ses flots tumultueux et l’oblige à ressortir la tête et alors il renaît et avec lui l’amour. Le cheminement de ses pensées l’emmène là où il ne veut pas : la peur. Car ce que l’on vient de lui annoncer, c’est tout simplement de revivre le pire…


Likhar est assis sur son trône immense, menaçant et sombre. Il n’esquisse aucun geste ; son regard est immobile, noire, sans fin, sans limite… perdu, arrêté, cherchant, renonçant. Sa stature est impressionnante : Likhar est un homme d’une rare force et d’une rare puissance. Malgré sa tragédie, son héritage est resté en lui, intact : la force des dieux pouvant lui permettre de réaliser sa mission : défendre. Son épée est par contre ternie : depuis combien de temps Likhar est-il prostré ainsi ? des années ? des siècles ? L’arme est rouillée, pale. Seuls quelques légers frissons parcourent son tranchant. Fyl se dit que cette lame malgré son apparence ne peut avoir de semblable : elle a été forgée pour défendre. Le gobelin s’approche : une folie ! il tremble de partout, il ruisselle de peur et se fait la réflexion qu’il n’est rien de pire que l’inconnu, lui qui possède la connaissance. Même Démogorgone dans ses moments de colère ne l’a jamais ainsi fait trembler. Fyl s’arrête à quelques mètres du trône. Il n’a toujours pas la réponse à sa question…


Vaedriss s’impatiente. Il est temps de prendre les choses en main et d’accepter l’évidence. Il s’est réveillé, ce n’est pas un hasard : son pire ennemi a du recouvrer la liberté.

- L’Ordre de la Rose ! C’est ainsi que vous vous êtes nommés ! Chez moi, nous étions la Fraternité Runique. Je ne peux nier ce que vous me rapporter, tout coïncide avec mon passé. Mais laissez-moi vous faire savoir que si la mission de l’Ordre de la Rose est le même que celle de la Fraternité Runique, alors je ne vois même pas comment nous allons nous en sortir. La Fraternité Runique était composée des mages les puissants de mon monde ; ils avaient consacré toute leur vie à la connaissance, au savoir et à la puissance afin de détruire ce que ce monde peut receler de pire. Et je ne vois ici que de jeunes humains rassemblés par la force des choses sans puissance apparente, ni cohésion d’aucune sorte. Ellen, vous dites la vérité et je n’en suis que plus effrayé. Votre intention était louable de faire barrage au retour du Démon, quitte à vous salir les mains mais peut-on conjurer le destin ? Aussi avant d’aller plus loin, et avant que chacun ne prenne sa décision, et aussi afin d’aller au plus pressant, sachez que, comme Ellen l’a dit, votre monde va bientôt être envahi par les hordes de mon ennemi de toujours, Démogorgone et il n’est rien qui puisse lui barrer la route. Nous avons pu l’enfermer autrefois au prix d’un sacrifice trop lourd à porter et certainement plus terrifiant que le mal à détruire. Ma nature me défend la résiliation car en moi brûle la vie même si je ne porte pas son meilleure représentant. Vous avez deux alternatives face à ce qui arrive : où bien vous repartez et mourrez comme le premier humain rencontré malgré vos talents supposés, ou bien vous restez, restez pour vous battre, et tout abandonner…


- « Lorsque tu seras assez âgé pour lire ces mots, entendre ces paroles
Leurs significations te seront enfin révélées
Ces mots, ces paroles te reviendront comme ils furent miens autrefois
Ils te resteront jusqu’à ce qu’à ton tour tu les libères
Maintenant cette mission te revient et tu l’assumeras comme je l’ai assumée pendant si longtemps
Pour aider les démunis, les désespérés, les faibles, les femmes, les perdus
Pour les défendre jusqu’à la fin

Court comme le vent
Combat vaillamment mon fils
Honore ton épée et salue ta destinée
Tu es le Défenseur que les dieux ont envoyé
C’est ce que votre père vous a enseigné, il y a longtemps, bien longtemps… »

Fyl sue toujours abondamment. Comment a-t-il pu dire tout cela alors qu’il est tétanisé jusqu’aux os ?? Il sent que sa dernière heure est arrivée. Il regarde en direction de Likhar : un nouveau voile vient de se lever…


Valyra se rapproche de Vaedriss :

- Depuis le début je ne contrôle rien. J’ai le sentiment de ne pouvoir que suivre mon cœur et il me mène toujours vers le même lieu, le même endroit : toi. Tu n’es pas le seul à avoir connu la séparation violente de l’être cher : ma belle-mère, que tu vois ici, m’a pris Sharin mais je devine désormais un dessein et je viens de comprendre que ce sacrifice était nécessaire, nécessaire à notre rencontre. Alors si le destin m’a choisie, je suis prête et tant que je serai à tes côtés, je sais que nous ne pourrons être défaits.

Vaedriss se tourne vers Valyra : les paroles de la jeune fille le blessent. Elle ne sait rien de ce qu’il a connu, de la vie, elle qui ne vient que d’emprunter le chemin. Mais ses paroles ne sont que vérité et il a beaucoup de difficultés à les admettre. Il se rend compte alors que son âme est torturée : la jeune fille ne fait que répondre au choix qu’il vient de leur proposer et pourtant il l’a blâme de le faire souffrir. La vérité éclate alors à ses yeux : il prend conscience que ce n’est pas la force des individus qui se présentent devant lui qui va compter dans la lutte qui s’annonce mais que la véritable puissance qui leur permettra de détruire Démogorgone repose sur ce que chacun de ces êtres va lui apporter car il est le porteur de l’Ame et ce ne sont ni les Yeux, ni le Cœur ni le Bras du Démon qu’il faut terrasser, mais son Ame. Prenant conscience de cette révélation, Elle se met à hurler de défis et Vaedriss sourit, comme il n’a pas souri depuis si longtemps car il détient la clef. Il se tourne alors vers l’assassin et la belle-mère, vers le Bras et les Yeux et attend leur réponse…


Sa main droite se lève et empoigne la garde de l’épée. Sa main gauche remue puis se meut doucement, avec gracilité et adresse vers le tranchant de la lame puis la parcourt de bas et haut. L’acier se met à luire faiblement, puis le soupçon d’étincelle devient éclat. Likhar se lève : tout impressionne chez lui mais pire que tout, son regard noir glace les veines. D’un pas franc et pesant, il descend de son trône puis se dirige vers l’escalier. La curiosité l’emportant sur sa peur, Fyl tente une approche :

- Où allez-vous ?

Likhar s’arrête. Le gobelin tremble de plus belle.

- Remplir mon devoir. Défendre.

Likhar reprend sa marche et descend l’escalier. Fyl comprend qu’il vient d’échouer dans sa mission. Le temps est compté, tout autant pour son maître que pour le Maître des Runes…

A suivre
Dernière édition par Johnn le Sam 12 Mars 2005, 22:58, édité 1 fois.
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Messagepar Cytherea » Ven 18 Fév 2005, 10:00

(sniffff :( c'est trop court !!!!! . Bravo aja pour ton talent )
Ira là où son bouclier servira
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Messagepar Tower » Mer 23 Fév 2005, 17:00

(on veut la suite :) c'est vrai que cette histoire est prennante)
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Messagepar Johnn » Mer 16 Mars 2005, 17:59

Les travaux allaient grand train, on aurait pu croire que le prince démon avait vidé son royaume de tout ce qu’il contenait d’esclaves et de main d’œuvre. Son palais était battit sur les ruines de l’ancien. Dans ses entrailles, sous la terre et la mer se trouvait sa salle du trône. L’air était saturé d’une odeur écoeurante de magie et de souffre. L’ensemble de la zone était protégé par un immense dôme qui retenait les centaines de millier de tonnes d’eau qui le surplombais. Le sol était sec, l’éclairage étrange et l’ambiance des lieux terrifiante. Fruit de la pensé de Démogorgone, il n’était pas conçu pour des hommes. Personne ne pouvait vivre ici sans sombrer dans la folie. Les seuls bruits étaient plus proches du râle d’agonie et du cri de souffrance que du rire d’enfant. Le mal suintait par chaque interstice, il était partout, dans l’air, dans la pierre. Le lieu était vaste, assez vaste pour héberger une armée entière.

On pouvait y croiser des êtres plus monstrueux encore que ne pouvait laisser entrevoir une imagination fertile. Des démons de toutes sortes. Parodie grossière, mais faite de griffes acérés, de crocs tranchants, tous munis de gueules pestilentes et de souffles fétides. Des monstres de toutes tailles aux muscles fins ou sur développés, tout animés de cette volonté maligne, de cette envie de sang, de jeu, de mort. Tous fiers de faire partie de cette terrible orgie que leur maître appelait conquête. Tous étaient terrifiants, certains avaient des ailes immenses, certains rampaient, tous étaient hideux. Ils n’avaient qu’un but, servir le maître. Pour y parvenir, toutes les méthodes étaient bonnes. Ils ne reconnaissaient que la peur et la force. Surpasser celle qu’on leur imposait était la seule chance de les fidéliser mais aucune créature mortelle n’avait ce pouvoir.
Encore quelques semaine et il serait prêt.
Pourtant le maître était d’humeur badine, il y avait trop longtemps qu’il n’avait pas foulé la terre sacrée d’hibernia. Le désir était violent en son cœur de voir les hommes s’enfuir à son approche et de sentir leur terreur. Mais il savait que le moment n’était pas venu. Enfin il voulait tester ses ennemis, laisser la peur gagner leur âme et grandir comme un poison qui se repend. Il convoqua donc une douzaine de ses démons guerriers. Pas les meilleurs, mais des créatures qui avaient déjà la force de plusieurs hommes. Il leur expliqua leur mission. Elle était simple : tuer. Il ouvrit un portail et les envoya là où il voulait qu’ils aillent, à Tir Na Nog, là où ses seuls véritables ennemis se trouvaient. Il lança quelque sortilège dont celui d’œil magique pour lui permettre de voir a travers les yeux de ses sbires. Ensuite il s’en retourna dans son cercle de magie pour travailler à achever sa grande œuvre. Son point d’orgue, la destruction des pierres de magie du royaume. Ainsi les âmes des défunts ne pourraient plus renaître, elles seraient directement orientées vers son domaine souterrain et deviendraient ses esclaves. Cela lui demanderait énormément d’énergie mais de tous les plans qui avaient traversés son esprit malin, celui-ci était le plus subtil et le plus terrible.


Sanaslaïr hésitait avant de répondre, il voulait peser le pour et le contre, savoir quelles étaient ses chances de survie. Il n’était pas homme à se lancer dans une aventure où il n’avait rien a gagner. L’idée qu’il ai été choisi pour défendre le monde contre une invasion de démons lui paraissait aussi saugrenu que ridicule. Les autres le regardaient comme si il était le dernier morceau d’un puzzle. Un bref instant une vague de peur le traversa, les autres avaient l’air d’y croire et plus ridicule encore de croire en lui.

- Bien soyons sincère, tout cela n’est qu’une immense plaisanterie n’est ce pas ? Me voilà dans une position délicate. Le client et la cible dans la même pièce… Vous n’êtes pas sans savoir Helene que même si une situation aussi rocambolesque n’est pas mentionnée dans le code faute d’une imagination assez fertile, je suis en droit que considérer que vous m’avez trompé et donc de vous tuer. Je ne mentionne même pas votre serment de la rose. Quand a vous Valyra si je veux escompter toucher le reste de l’argent que l’on me doit pour votre tête et préserver ma réputation, il me faut également finir mon travail. Evidement, je doute que Vaedriss, votre protecteur, me laisse agir à ma guise et que donc par extension il me faudrait le tuer aussi. A l’inverse, chacun de vous trois a au moins une bonne raison de vouloir ma mort. Admettez tout de même que la situation est cocasse.

- Ne faite pas le sot, vous comprenez que le contrat sur la tête de ma belle fille est caduque. Et d’ailleurs sa mort est devenue inutile. Puisque vous tenez tant à rester dans votre pauvre monde, je peux vous embaucher comme mercenaire. Vous êtes écoeurant…

- Ma belle mère a raison, passons l’éponge sur le passé et voyons comment nous défendre. Il y a tant de chose à faire. Le danger est si proche. Je suis sûr que vous êtes un homme de bien. Malgré les apparences, je sent que …

- Vous ne sentez rien et vous êtes stupide. Quand à vous Helene, je partage votre mépris. Il est vrai que votre moralité n’est pas à remettre en cause… Après tout, vous n’avez qu’arrangée un mariage d’argent avec un homme repoussant pour jouir de sa fortune. Arrangé… C’est bien le terme n’est ce pas ? En tout cas j’ai refusé de tuer son épouse pour vous faire place net. Vous me devez aussi cette somme alors. Et puis vous avez tout de même fait appel à de braves citoyens pour vous débarrasser du gamin et de votre belle fille… Puis a moi. Je l’admets, pour le moment, j’ai échoué. Restons en là. Gardez votre argent et ouvrez l’œil.

Sanaslaïr regarda Vaedriss sortir son épée du foureau. Je vais devoir affronter mon destin pensa t’il. J’aurais préféré l’éviter… A son tour, il posa les mains sur ses armes.

Puis tout alla très vite.

Les créatures apparurent dans la pièce en un éclair. L’air devînt irrespirable et le métal hurla.


A suivre.
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Messagepar Tower » Jeu 17 Mars 2005, 15:14

(couper en plein suspence c'est mal, très mal !)
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Messagepar Johnn » Ven 05 Août 2005, 12:02

Johnn prend son codex : les feuilles sont devenues livre car l'histoire l'emporte. Après une relecture des dernières lignes, la plume en main, il reprend le récit toujours avec la même fébrilité.

Fyl est terrifié ; il va devoir annoncer une mauvaise nouvelle à son maître, et probablement en subir les conséquences. Mais en même temps il est impressionné : la cité sous-marine est une œuvre déroutante et exceptionnelle : le magnifique y côtoie l’horreur et la souffrance. L’art démoniaque, au-delà de l’appréciation des humains, pourrait à lui seul subjuguer le monde si seulement l’homme était capable de le contempler. Mais ses lignes dérangeantes, ses courbes infinies et irrationnelles, ses formes mouvantes et inquiétantes, ses couleurs indéfinissables et malsaines, cette vie déformée et violemment arrachée demeurent l’expression de la création, la révélation de la face cachée de ce monde. Admirer ce qui est voilé aux autres confère à Fyl une satisfaction que seule la connaissance lui apporte autrement. Le Gobelin franchit les routes et les avenues torturées et s’approche de l’édifice central. En le voyant, il se met à relativiser : qui peut vraiment défaire son maître ? En cet instant, même le Défenseur lui parait bien peu de chose devant la puissance, l’envie et la force de Démogorgone. Il s’accorde quelques instants d’émerveillement puis franchit l’immense portail : le temps est une arme, l’arme préférée de son maître car il en joue. Fyl prend une inspiration et s’avance…

Une clairière. Six corps de démons gisent par terre : leur sang souille le sol de la forêt. Ils n’avaient rien à faire ici. En voyant la scène, il ne pourrait s’agir que du résultat d’une action bienfaitrice : les démons n’ont rien à faire en Hibéria. Seulement, le reste des visages des démons exprime la peur, la souffrance, la torture, l’effroi… jamais visage d’être démoniaque n’avait fait montre de tels sentiments car ils sont étrangers à leur nature. L’ordre n’est plus respecté, la forêt est désarçonnée… C’est peut-être parce que le déséquilibre est en marche. Mais qui a pu ainsi terrasser de telles créatures ? La clairière est calme ; il n’y a quasiment aucunes autres traces que celles des démons. En levant la tête, on peut juste apercevoir une ombre repartant : Likhar avance…

- Alors mon brave Fyl, est-il toujours aussi impressionnant ?
- Maître, sans vouloir interférer dans vos plans ni vouloir être irrespectueux, je crois vraiment que c’était une mauvaise idée. Vous savez bien que le Défenseur a pour but de…
- Fyl, l’as-tu réveillé ?
- Le Défenseur est conditionné ; les dieux l’ont créé ainsi et il ne peut d’aucune façon être détourné de sa mission…
- Fyl, réponds à ma question !
- Oui maître, je suis parvenu à la réveiller, mais ni vous ni votre ennemi ne pourrait le vaincre.
- Bravo Fyl, et merci…
Le Gobelin s’inquiète. Démogorgone n’a jamais du remercier qui que ce soit dans sa vie éternelle.
- Maître ????
- Fyl, grâce à toi, la victoire est certaine et mon plan ne peut défaillir. Que désires-tu ?
- Vous le savez bien maître : la connaissance, le savoir…
- Alors viens près de moi et regardes l’histoire se dérouler sous tes yeux…

Sanaslaïr attrape Ellen et la jette à terre à proximité du lit : protection plus que rudimentaire face à ce qui vient d’apparaître mais il ne peut faire mieux pour le moment. Le contact lui procure un léger frisson qu’il réprime aussi rapidement : il va devoir prendre des résolutions s’il ne veut pas sombrer dans les méandres de sentiments qu’il répugne tant. Il prend son élan, défonce la fenêtre, attrape la corniche puis se hisse sur le toit : là il se retrouve dans son élément. Il commence à courir mais sent une présence derrière lui. Il se retourne, ne voit rien puis plonge et s’aplatit sur les tuiles : il entend et perçoit un mouvement juste au dessus de lui. Bien. Il va falloir sortir le grand jeu et d’abord bouger et encore bouger. Il roule sur lui-même puis se met à courir. Il regarde mais ne voit toujours rien : sa vue lui sera inutile. Comment a-t-il pu se mettre dans cette situation ? Il sent de nouveau une odeur de souffre et d’haleine fétide. Cette fois-ci, il esquive sur sa droite : le sol et les tuiles volent quasiment au même instant en éclat : son ennemi s’attendait à ce qu’il répète le même geste. Il va devoir sa survie à l’effet de surprise. Il se remet à courir, se concentrant sur son odorat et son ouïe. Mais il est vite déséquilibré et se retrouve une nouvelle fois allongé : quelque chose a percuté ses jambes. Une rapide analyse lui indique qu’à peu de chose prêt, il n’a aucune chance : son ennemi est invisible, n’est pas humain, se déplace à une vitesse incroyable et bénéficie d’un certain nombre d’appendices qu’il n’a pu calculer mais très probablement supérieur à quatre. Sanaslaïr s’accroupit et se met en position de défense, ses deux épées courtes en main. Il offre ainsi un minimum d’ouverture à son adversaire. Il le sent tourner autour de lui : le chat joue avec la souris.

Vaëdriss entre dans sa danse mortelle. L’assassin a bien réagi : il lui a permis de gagner quelques secondes précieuses en mettant Ellen partiellement à couvert et en faisant diversion. Vaëdriss a immédiatement activé le bouclier de protection autour de Valyra et la laisse désormais utiliser ses talents : elle doit apprendre et agir. Les créatures sont des démons guerriers : suffisamment dangereux si l’on y prend pas garde mais quasiment insignifiants pour lui : Vaëdriss se rend compte qu’une nouvelle fois, le danger vient des autres parce qu’il doit les protéger. Seul, l’affaire serait réglée en peu de temps. Il pare une attaque puis enfonce sa lame dans le crâne de la créature. Il esquive un crachat acide et toxique puis foudroie le lanceur. Il exécute un moulinet puis sectionne les deux jambes d’un autre démon avant de le décapiter. Il tend son bras puis lance son épée qui vient littéralement traverser une autre créature. Puis il regarde Valyra agir : la jeune fille a maîtrisé sa peur et bombarde son adversaire d’éclair. Ce dernier encaisse les projectiles et frappe Valyra mais sa lame est déviée : les démons sont de piètres combattants car ils ne s’en remettent qu’à leur force et leur résistance alors que la première règle du combat est de savoir surprendre. Le démon s’acharne à vouloir passer le bouclier magique de Valyra. Cette dernière fait alors apparaître une flèche de feu, prend son temps pour viser et l’expédie. La tête du démon explose littéralement au moment de l’impact. Vaëdriss sourit. Il aurait presque envie d’être fière mais la réalité est tout autre : sans le bouclier, Valyra serait morte. Mais chaque chose en son temps. Son ennemi vient de lui adresser un message : il est prêt. Soudain, Elle se réveille, Elle qui ne s’était pas manifestée durant le combat. Vaëdriss tente de la contenir mais il ne le peut : Elle se déchaîne puis sort et se précipite par la fenêtre : l’Assassin est en danger…
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