Le dernier vole du faucon aux ailes azurées.

De nobles conteurs, à l'esprit empli de légendes et de hauts-faits, parcourent souvent notre belle place ! Venez les écouter !

Le dernier vole du faucon aux ailes azurées.

Messagepar Johnn » Mer 25 Mai 2005, 15:27

<Johnn entre discrètement dans le cercle portant en ses bras un lourd volume relié de cuir.
Il s'assoit à même le sol, entre les pierres levées où il a convoqué l'assemblée. Les duides ce sont retirés pour leur laisser la place. La vallée de Bri Leigh est silencieuse et Johnn prend la parole>.

L'histoire que je vais vous narrer est celle d'un homme que j'ai connu et dont les jours sont aujourd'hui comptés. Vous aussi vous le connaissez, j'en suis certain. Mais ainsi, vous le connaitrez mieux encore et vous comprendrez ce que fût sa vie.

Je le sais souffrant, souffrant d'un de ces maux dont on ne guérit jamais.
Au travers des lignes qu'il m'a confié, je vous conterais son histoire, de la terre jusqu'au ciel ou peu être l'inverse...



La route de Druim Ligen descendait en pente douce et longeait la rivière. Le protecteur regardait par-dessus son épaule la silhouette grise de la forteresse s’estomper. Il regardait autour de lui tout ce qui avait été sa vie. Le cheval qu’il avait enfourché filait bon train. Il allait vers le sud, vers Connla, le petit village de pêcheurs où tout avait commencé. Le vent caressait son visage et le soleil déclinait lentement comme les derniers grains d’un sablier retourné.

Le temps avait passé sur lui comme sur les autres et maintenant, il était vieux. Son visage était encore jeune, mais son cœur, ce cœur qui avait tant aimé, tant souffert, ce cœur était fatigué. Fatigué de poursuivre une route sans fin, un chemin de chimères et de rêves déchus.

Il flatta l’encolure du cheval, c’était une belle bête, toute dévouée à sa tâche. Elle n’avait aucun doute sur sa destination. Comme le voyage, le temps défilait…


Lorsqu’il passa le pont, il songea à Cuuldurach, son vieil ennemi. Il l’avait à maintes reprises affronté. Tout deux se connaissait et se respectait sans jamais oser se l’avouer. De toutes les créatures d’Hibernia, le roi blafard était celle qui suscitait pour lui le plus d’admiration, puis venaient les pookha. Son dernier affrontement avec le dragon remontait à quelques jours à peine. Le protecteur connaissait les faiblesses du vieux roi et il savait que la pire d’entre elle était l’orgueil. Cette fois encore, Ajalon avait mené ses compagnons au combat. Un combat farouche et sans merci. Cette fois encore, le vieux roi avait dû prendre son envol et abandonner son trésor aux mains avides de ses adversaires. Mais au fond de lui, Ajalon pensait que le dragon avait compris pourquoi il revenait régulièrement l’affronter. Cuuldurach savait que ce n’était ni pour la gloire, ni pour ses trésors, le protecteur en était convaincu. Il vit la pierre, ce trône immense sur lequel le dragon voyait le monde. Il se demanda un instant qu’elle pouvait être la vision de Cuuldurach. Il chercha à comprendre. Sans doute approcha il de la vérité, même un bref instant. Il se mit secrètement à plaindre le dragon. Mais il savait que le hasard n’avait pas de place dans ces choses et qu’il y avait des raisons à tout. Cuuldurach ne faisait pas exception à la règle. Il avait son rôle à jouer. Pourtant sa solitude était grande et le silence était son seul compagnon. Quelle espoir pouvait il y avoir pour lui ??? Devrait il attendre des siècles entiers jusqu’à ce que le monde se brise ??? Triste destin en vérité.


Bientôt, les toits d’Ardee furent en vu. Ajalon pensa à sa longue retraite ponctuée de brèves apparitions. Il avait besoin de ces voyages, il le savait. Personne n’avait remarqué que ses combats avaient toujours eu lieu au alentours d’Innis Carthaig. C’est là qu’il avait trouvé refuge. A part en ces quelques occasions, son arme restait au fourreau, comme les vestiges d’un guerrier du passé. De tout ceux qui avaient marchés sur ce monde, il n’avait pas été le plus fort. Il avait perdu nombre de joutes amicales, il était tombé de nombreuses fois. Mais il lui suffisait de penser à elle pour trouver la force de se relever, de combattre à nouveau, d’affronter de nouveaux défis. Il lui suffisait de la regarder pour sentir la force affluer dans son corps et au tréfonds de son âme. Et pour cela, bien qu’il ne fût jamais le plus fort, il fût l’un des plus grands. Il ignorait tout cela et cela n’avait aucun sens pour lui.
Il se demanda si la reine Siabra lui en voulait encore d’avoir emmené dans les marais de Cullen un groupe de joyeux drilles qui s’étaient ris de ses gardes et avaient forcés l’entrée de sa tour. Le trésor de guerre avaient été bien maigres aux yeux de ses compagnons, mais lui était heureux, il avait réalisé l’un de ses rêves. Il avait triomphé des créatures les plus puissantes du vieux monde. Pourtant, il fût un temps où il entrait dans les Marais sur la pointe des pieds. Approcher la tour de la reine était un exploit dont on pouvait se targuer, une véritable preuve de courage et d’audace. Bien souvent ses forces l’avaient lâchée là bas et il s’était réveillé en sursaut à Connla sans comprendre comment il était arrivé là. Les spectres corbeaux étaient des monstres redoutés qu’il fallait mieux éviter. Quand aux magnifiques Chronicornes…



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Messagepar Johnn » Ven 27 Mai 2005, 14:26

Alors qu’il avait passé Ardee, il vit la tour de garde de Mag Mel et celles plus lointaines de Tir Na Norg. Il pensa aux messagers sacrés, à cette famille qui l’avait accueilli alors qu’il était à un carrefour de sa vie. Il pensa à Johnn le forestier qui était allé les voir et solliciter leur bienveillance. Il se rappela des paroles de Tower, ces mots qui l’avaient touché à un moment où il était si vulnérable. « Il y a parfois des gens comme ça où l’on devine qu’ils sont quelqu’un de bien ». C’est ce que lui avait rapporté Johnn. Bien sûr il aurait pu aller demander lui-même, après tout, son nom était déjà connu, celui de Karolis aussi et bien sûr Déliana. Déliana avec tout ses mauvais côtés et ses blessures enfouies dissimulées par l’arrogance. Et pourtant, de tous les compagnons d’errance, c’est le plus faible et le plus modeste qui fit ce chemin. Et il le fît avec cœur, c’est ainsi que la porte leur fût ouverte. C’est ainsi et grâce à lui qu’ils poussèrent un à un la porte de cette guilde fabuleuse.


Alors qu’il arrivait au modeste village de Mardagh, il regardait le ciel encore bleu et il pensa aux anges gardiens. Les anges gardiens qui avaient été sa guilde, celle pour qui il avait tout donné. Les longues heures à préparer les prochains plans de batailles, les dizaines de combats dont il avait pris la tête par delà les frontières ou face aux monstres de tout le pays. Du plus profond des mines luisantes jusqu’au plus haut sommet de Midgard, il avait toujours été devant. Du fin fond de cullen, vers Siopa nom aujourd’hui inconnu de bon nombre d’hiberniens jusqu’aux fallaises de Moher, il avait arpenté le monde dans son entier et dans tous les sens. Il avait accepté moult et moult quêtes parfois avec un modeste sourire en récompense. Pour les anges gardien, il s’était dévoué corps et âme. Pour les anges gardiens et pour elle. Il avait accomplit tant et tant de choses que les pages d’un livre ne pourrait les contenir. Il avait formé et aidé ses amis aussi, le barde Karolis, l’eldrich Déliana qui n’avoua jamais que ses longues études en arcane n’avait été possible qu’uniquement parce que lui, Ajalon, avait versé tout son or pour qu’elle y réussisse. Alors il repensa a ce jour terrible où Chegwidden, celle qu’il considérait comme son amie, lui avait dit « Mugathdem veux te voir, j’ai fais ce que j’ai pu, je suis désolée ».
Penser à ça fit monter la colère et la souffrance dans son vieux cœur fatigué. Il n’avait pas vu Mugathdem, il était partit, seul. Le champion n’eu jamais le courage de lui parler ni la sagesse de l’écouter. Le silence et le temps se mélangèrent pour faire naître le pardon. Ajalon ne fût toutefois pas aussi seul qu’il le pensait, Déliana, Johnn, Ellisss, Sourcelune le suivirent dans son exil. Ils ne lui demandèrent rien, aucune explication. Chacun d’eux savait bien qu’il n’eu rien dit. Et ils virent cet homme fier, droit et généreux, brisé par une force si grande qu’à eux tous, ils ne pouvaient la repousser. Ils restèrent avec lui parce qu’il lui faisait confiance, une confiance aveugle et qu’ils ne pouvaient se résoudre à l’abandonner. Karolis était le plus proche de lui et depuis quelques mois déjà, il avait rejoint les Dragons de Mithril avec l’espoir fou d’apporter la paix à quelqu’un qui lui était cher. C’est Déliana qui mena la troupe et apportait l’argent nécessaire pour payer l’auberge. Aucun d’eux ne s’en rendis jamais compte, mais elle passa des nuits entières à travailler à la fabrication de gemmes qui était leur seule source de revenus. Elle ne se plaignit jamais dans ces moments difficiles. Elle était partout et elle prouva qu’elle aussi avait une âme brillante et belle. Et bien sûr, elle le cacha sous un manteau de cynisme et d’orgueil, les seules armes qu’elle avait trouvée pour se protéger.

Mais toujours, l’esprit du protecteur était à la torture. Elle était partit, celle qui était sa vie, elle lui avait tournée le dos dans les moments où il avait le plus besoin d’elle. Ajalon n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été. Il partait souvent seul vers le sud, sur les rives du lac étoiles près d’Innis. Il parcouru seul les étendues neigeuses de Midgard avec le seul désir de mettre sa vie en danger pour retrouver son instinct. C’est un oiseau qui le sauva. Nul doute que sans cette rencontre, le protecteur serait mort dans les montagnes gelées de ce monde sans pitié. C’était un magnifique faucon venu du nord et poussé par le froid dans ces zones où ils étaient la proie des chasseurs. En vérité, ils se sauvèrent la vie mutuellement. L’oiseau reçu une flèche dans son aile et tomba. Ajalon tua le chasseur, soigna l’oiseau puis le libéra. Il resta des mois sans donner signe de vie, tout accaparé qu’il était par la vie de l’oiseau. Il lui insuffla la vie qui était en lui et partagea son fardeau. Ce fût un miracle qui se produisit au fil des jours qui s’écoulèrent. Il apprit à l’oiseau la force et le courage de ne jamais renoncer. De cet enseignement, le faucon trouva l’énergie de fendre les cieux. En retour, il enseigna au protecteur la beauté des choses cachées et la liberté de tout être. Bien qu’il n’y eu aucun mot, la symbiose entre l’homme et le faucon était parfaite. Ils se séparèrent avec peine, mais la place d’Ajalon n’était pas d’avantage dans les montagnes que celle du faucon dans cet endroit trop chaud pour lui et tout deux le savaient.

Lorsqu’il revînt à Donman, il changea son nom. D’AileAzur, il devînt Fauconeige. Déliana était furieuse de ses semaines d’absences et bien sûr, elle n’avoua jamais son soulagement de le voir revenir vivant
AileAzur… C’était le nom qu’elle avait choisi pour eux deux le jour où ils s’étaient unis. Malgré tout, Ajalon n’y renonça jamais. C’est ainsi qu’avec les années, il devînt Ajalon, le faucon aux ailes azurées et qu’il le demeura jusqu’à la fin.


Le cheval ne ralentit pas sa course lorsqu’il traversa Mardagh, il allait toujours avec régularité. Ajalon pensait à ce qui avait été sa vie chez les anges gardiens. Il pensa à la découverte de ces terres lointaines là bas au-delà de la mer. Atlantis et ses secrets… Il avait essayé de comprendre ce peuple disparu, comme chaque hibernien, il avait marché sur le sable brûlant de Stygie ou près des laves fumantes de Volcania. Il avait essayé de suivre le mouvement et de se laisser porter par l’enthousiasme. Mais le cœur n’y était pas. Il compris rapidement que le seul message de ce peuple resterait à jamais ignoré. La paix et l’unité. Les hiberniens se jetèrent sur ce nouveau monde comme des pillards et ils ne furent pas les seuls. Il fallait aller vite, très vite pour devenir plus puissant. On oublia l’histoire pour se focaliser sur les richesses. Il en fallait toujours plus. Sous prétexte de rivaliser avec les nations ennemis, les donjons furent mis à sac, les créatures ancestrales contraintes par la force à livrer leurs trésors. Ce ne fût pas une découverte, mais belle et bien une conquête.
Ajalon regardait ce monde s’agiter autour de valeurs qui n’étaient pas les siennes. Il renonça à l’appel de la fortune et de la puissance. Il resta humble et en retrait. La vérité n’était pas là, il le savait, ni la joie ou le bonheur. Elle était ailleurs, dans le parfum de celle qu’il aimait. Il garda pour lui le fruit de ses réflexions laissant ses compagnons forger la leur. Il se jura toutefois que jamais il n’abandonnerait son armure noir et or. Cette armure fabuleuse qu’il avait reçu comme récompense à une série de quêtes plus périeuses les une que les autres. Il la porterait toujours, jusqu’à la fin où il choisirait quelqu’un de digne pour lui succéder. Il garderait aussi ce grand bouclier que lui avait offert Mugathdem il y a bien longtemps et que Déliana avait enchantée en grognant. C’était ses biens les plus précieux. Ils prenaient toute leur valeur par ce qu’ils représentaient. Il se souvînt du jour où avec Raelia, ils avaient enchanté le bouclier. Un sortilège d’armure devait se déclancher lorsqu’il s’en servait pour frapper un adversaire. Le protecteur était alors entouré d’une lueur dorée et de magnifiques ailes blanches se formaient dans son dos. Il adorait cet instant. Il avait fait la même chose sur son bouclier à elle.

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Messagepar Johnn » Mar 31 Mai 2005, 14:09

Lorsqu’il entendit les cris lointains des loups et des molosses, il sût qu’il approchait de Tir Na Mbeo. Il repensait à tous ces anges qui avaient croisés son chemin, des plus discrets aux plus fous. Noreg, le protecteur firbolg à la grande lance. Guerrier farouche qui méprisait sa vie et se jetait au milieu des monstres avec la seule volonté de les blesser. Ajalon sourit en revoyant les multiples fois où il avait interposé son bouclier pour le protéger. Mugathdem bien sûr, le champion roux grand amateur de crêpes et de marteaux à deux mains. Pekromis le protecteur toujours calme, toujours présent. Mannera, la folle championne rouquine et espiègle. Grande amatrice de joutes verbales avec Déliana et ses humeurs noires. Une grande chasseuse. Henayl le protecteur fougueux et bucolique. Gobaaath, le ranger discret à la flèche mortelle, grand ennemi des ours. Brigidh la sentinelle nocturne toujours prête à venir aider, Eriu… Ahh Eriu et son armoire remèdes remplie de tous les alcools forts connus. Toujours bienveillante, toujours souriante. Et Gerwin le finelame distrait. Gorael l’ancien, l’un des pères fondateur, comme une colonne de marbre au milieu du temple. Kylaan le séducteur, joli parleur mais souvent dans les nuages et ne revenant à lui que lorsque tout le monde était partit. Nikko le barde, fils de Noreg et heuu… Oui de qui d’ailleurs… Le plus médiocre musicien du royaume, le seul a faire du vent avec une bouteille vide. Et pourtant un compagnon joyeux et si agréable. Sylus le ronchon, druide grognard et fonceur. Sylderon bien sûr, l’empathe soleil, le sage parmi les sages. Si calme mais toujours présent pour apporter sa petite touche personnelle. Krakenn la sorcière vaudou, acide et folle. Une légende parmi les légendes. Propriétaire du fameux bureau dans lequel elle infligeait moult tortures délicieuses. Elle n’eu pas son pareil pour déclancher l’hilarité. Au sommet de son art lorsqu’elle se trancha la main pour l’offrir à Mugarhalen lorsqu’il lui avait demandé pour l’épouser. Kalkydra la mentaliste, sœur de Krakenn qui forma une multitude d’anges et leur appris tant de choses. Lancelox, le grand protecteur au bouclier qu’Ajalon admirait tant pour son courage et sa puissance. Dum qui fût son mentor, celui qui lui apprit le métier comme diraient les anciens. Dyonisos enfin, l’ami de toujours ou presque. Qui fût l’époux de la délicieuse Lillybelle. Le plus mauvais enchanteur de tous les royaumes confondus, le seul à ne jamais renforcer ses compagnons à l’aide de sa magie, trop distrait pour y penser. Mais toujours là, toujours rieur, toujours présent même dans ses moments d’absences. Puis deux femmes, Chegwidenn, qu’il rencontra pour la première fois à Innis, et bien sûr, elle, la femme de son cœur.

Des noms fait d’ombres et de souvenirs. Il aurait voulu parfois retourner à ces moments de joie, mais à quoi bon. Tous ces instants, ces petits morceaux de vie s’enchaînant les un aux autres étaient sa richesse et bien au-delà, ils étaient sa vie et sa raison d’être. Il regarda derrière lui, vers son passé et il sourit à ce que la vie lui avait offert de bon. Il savait ce qui était devant, comme un futur révélé et il n’avait pas peur car il avait choisi. Choisi sa route et son chemin, choisi de défier les règles, les monstres, les idées reçues, choisi de bousculer les gens pour leur montrer leur infinie richesses. Parce qu’il savait qu’en chacun d’eux il y avait de grandes choses, parce qu’il savait que tous avaient de grandes peurs, des barrières dressées et des limites imaginaires. Ils les poussa, les tira toujours plus loin, au-delà de ce qu’ils pensaient pouvoir faire pour leur montrer que nos seules limites sont celles que nous nous imposons. Il les fît hurler parfois et s’attira leur colère et pourtant il continua sans jamais fléchir parce que rien ne pouvait lui arriver, elle était là. Et ils le suivirent partout où il les mena parce que finalement, tous ces moments renforcèrent leurs liens et furent magiques à leur manière. Le charme ne pris fin qu’à son départ, lorsque ses ailes furent coupées.


Le cheval courrait toujours et Ajalon lui flatta l’encolure. Il arrivait à Ardagh. Il songea à la découverte des vastes forêts sur les îles lointaines. La venue des Sylvains, ce peuple des arbres mis en danger par la menace des formoréens. Un pays d’ombres et de lumières sous les grands arbres millénaires. Des donjons obscures et peuplés de créatures malfaisantes et redoutables. Des villes grouillantes, de Donman à Aailid et des couchers de soleil magnifique sur la plage de Neech. Des vastes forêts à perte de vu.
Il se souvînt des nombreuses batailles devant Tur Suil, près des maisons en ruines de ces géants à trois yeux. Ils en avaient tués des centaines, pourtant elles revenaient sans cesse. Ils avaient été jusqu’aux tréfonds de cette antre maudite mais après quelques jours, les formoréens revenaient toujours plus nombreux. Les gobeurs des rivières aussi pour les moins forts d’entre eux fût un véritable défi. Et bien sûr le grand lac magnifique et la cascade. Cet endroit si beau que l’on peine à l’imaginer. Ce bref instant pour gagner la grotte dissimulée derrière. L’épique combat contre les créatures et ce désir fou de foncer sur eux juste par plaisir, pour exulter un peu.
Et bien sûr un endroit d’une grande beauté, aussi féerique que mortel, l’arbre source, Galadoria. Avec ses spores géantes, ses hautes herbes de lumières, ses secrets enfouis sous les racines du monde. Des galeries merveilleuses et angoissantes où seul l’inconscient vient s’égarer. Une épreuve pour les grands guerriers d’Hibernia. Il arpentât ces couloirs plusieurs fois sous la direction qu’une des plus grandes guildes qui fût : Equinoxe. Toutefois, jamais il ne triompha de tous les secrets. Encore à ce jour, le plus dangereux d’entre eux reste inviolé.
Il y une un autre combat qu'il ne menna pas, sur une île lointaine où nul bateau ne s’aventure. Un voyage dans les airs à dos de Wyvern, de curieuses créatures. Et, au bord de l’île, une zone ravagée par la mort provoquée par une météorite. Et un monstre énorme aux multiples tentacules. Maitre des lieux protégeant une pierre maudite.



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Messagepar Johnn » Mar 14 Juin 2005, 15:56

Sur la gauche du protecteur, le lac scintillait de milles feux. Il était arrivé à Howth. Howth si cher à sa mémoire. C’est là qu’il l’avait vu pour la première fois. Plein de pudeur, il n’osait pas quitter l’ombre de la hutte du maître protecteur pour aller la retrouver. Pourtant, aucune force au monde n’aurait pu empêcher cette rencontre. Il n’y eu pas besoin de mots ou de gestes, une magie plus ancienne et plus puissante que celle des elfes fît son ouvrage. Elle tissa des liens si forts qu’ils resteraient intacts même lorsque le monde sera brisé.
Il repensa à ce soleil couchant ou devant ses yeux, il avait franchi la limite des compétences de son maître. Ce soir là bien sûr, ils étaient tout deux vers Innis Carthaig. Ils avaient ferraillé d’abondance pour y parvenir. Pourtant ce soir là, curieusement, son cœur n’était pas remplit de joie, il avait franchi une étape et il avait peur. Peur que cela marque une fin, qu’il change pour devenir autre chose que ce qu’il était vraiment. Mais elle était près de lui et lorsqu’elle le sera contre elle, il sût que cela n’avait guère d’importance.
Quelques semaines plus tard, c’est elle qui entra dans le haut cercle des druides. Au même endroit, contre les mêmes adversaires, les pooka. Et ce soir là quelque part dans le vieux royaume, la sentinelle Chegwidden franchit elle aussi la ligne étroite de la parfaite maîtrise. Elle fût aidée en cela par le champion roux, Mugathdem. Et ce jour, le cœur du protecteur fût en joie, il le fût encore d’avantage lorsque l’un et l’autre, côte à côte, ils combattaient encore. Elle dans sa magnifique armure d’argent offerte par les grands druides et lui dans son armure noir et or symbole des hauts rangs de son ordre. Il fît cadeau à la sentinelle d’une très belle arme avec l’espoir secret qu’elle lui sauverait la vie dans les moments critiques.

Il songea aussi à sa première rencontre avec Cuuldurach. Le roi blafard, la terreur d’hibernia. Une créature de légende, invaincu et invincible. Et pourtant, il avait fait un pari fou lorsqu’il était là bas, luttant férocement contre les loups à Tir Na Nbeo. Il le combattrait, pour elle. Un défi gigantesque à la proportion du grand roi dragon. La quête ultime en son honneur et l’espoir fou de le vaincre. Pour cela, il fallait convaincre, organiser, défendre, chercher les failles du vieux roi. Trouver la faiblesse dans la cuirasse apparemment parfaite. Le grand miracle n’eu pas lieu, mais le miracle oui. Des jours durant, il négocia avec les chefs des plus grandes guildes mais aussi des plus modestes. Et à force de patience, de persévérance, tous étaient là. Fian, Fear, CDD, Equinoxe pour les plus grosses, et une multitudes d’autres comme les dragons de Mithril et bien sûr les anges gardiens. Ce soir là, Cuuldurach confirma qu’il était une légende et il mis rapidement fin aux attaques pourtant féroces des quelques cent quatre vingt hiberniens qui étaient venus le défier. Un nom resta dans les mémoires, celui de ce petit protecteur un peu fou qui l’espace de quelques heures avait fait battre les cœurs des habitants du royaume au même rythme. Et pour lui, au-delà de tout ça, bien que le dragon ne fût pas chassé ce jour là, il resta les larmes et l’émotion d’avoir accomplit quelque chose de grand dans le seul but de lui montrer la force de son amour.

Aujourd’hui bien sur, cela le nouait encore de l’intérieur. Au fond, il aurait aimé que le roi blafard reste à jamais invaincu. Mais le voile se déchira et il ne laissa au vieux roi qu’une infime partie de son pouvoir d’entant. Il devînt une proie plus abordable et c’est dans la fuite qu’il trouva son salut. Le monde avait changé. Tant de choses avaient changées. Lui aussi sans doute sous certains aspects. Une chose pourtant demeurait.

Il pensa à Demih, la petite Lurikeen que phaey avait trouvé dans la forêt. Le secret de sa présence dans la forêt maudite restait entier. Cela intriguait le protecteur, d’avantage pour savoir si il pouvait l’aider que pour satisfaire sa curiosité. Siris, la fille qu’il avait eue avec elle n’était plus. Elle reposait en terre dans un endroit secret et paisible. Peu de monde savait qu’Ajalon avait eu un enfant. Déliana le savait bien sûr et elle avait été particulièrement odieuse avec la jeune fille. Et Siris s’en était plainte de nombreuses fois auprès de lui. Pourtant Ajalon savait que dans ses absences obligées, Déliana veillait. Qu’elle n’hésiterait pas à user d’une magie qui pourrait la consumer pour sauver sa fille. Mais elle faisait la vie dur à Siris et à sa manière, elle la prépara au destin tragique qui fût le sien. A la mort de Siris, Ajalon soupçonna Déliana d’avoir toujours su comment cela finirait. Il lui en voulu un temps puis fini par se dire que soit il se trompait, soit il en avait été mieux ainsi.

Demih recevrait son armure et son bouclier, il en avait décidé ainsi. Quelque chose le touchait dans ce qu’il avait vu en elle sans qu’il ne pu l’expliquer. Entre le secret et l’innocence. Il lui faudrait se hâter et lui expliquer l’essentiel, mais le plus important, elle le découvrirait elle-même. Il n’avait qu’un vœu, qu’elle accepterait de la porter lorsqu’elle irait saluer le vieux roi. Il n’avait aucun doute, Cuuldurach la reconnaîtrait sans peine. Ce serait un message de respect entre deux vieux adversaires devenus amis. Le salut du protecteur vers celui qu’il admirait le plus. Inconsciemment, il refusait que tout disparaisse. Il voulait que demeure une trace, au-delà des souvenirs. C’était là son seul orgueil.

Sans que personne ne le remarque, il avait déjà rédigé de nombreux parchemins et organisé son départ. Ce n’est pas ça qui allait changer le monde, lui-même n’avait rien changé, rien empêché. C’était là son avis. Pourtant, sans en avoir conscience, il n’avait fait. Certes dans un cercle restreint, mais sans doutes aucun. Il avait changé la vie de ceux qui avaient croisé son chemin, l’avait rendu plus belle, a sa manière. Parfois il avait agit avec maladresse, il avait blessé de manière involontaire parce que parfois, il n’y a pas le choix. Mais tout ce qu’il avait fait l’avait été sans malice, sans méchanceté volontaire. Pourtant sa décision était prise, et il n’y aurait pas de retour. Il avait choisi sa vie, lutté, parfois seul contre tous pour défendre sa vérité première. Il n’y avait pas la moindre trace de doute dans son esprit. Il l’avait comprit lorsque marchant dans la neige immaculée de Midgard, il avait vu ses propres traces. Et il avait compris. Compris que rien n’était écrit, qu’il choisissait son chemin même si il ne pouvait en prévoir les obstacles. Et ce jour là il su comment cela finirait, même si il le redoutait.


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Messagepar Johnn » Lun 27 Juin 2005, 11:47

Le cheval laissait un nuage de poussière derrière lui lorsqu’il passa le pont et arriva enfin à l’entrer de Connla.
Connla… Ce petit village de pêcheur à la réputation si modeste et qui pourtant inspire une si profonde mélancolie à tant et tant de celtes. Parce que tout petit village qu’il soit, c’est là, près de ce bateau retourné, près de ces plages de sable fin que bon nombre d’hiberniens commencèrent leur apprentissage. Et ce n’est pas par hasard si autant d’instructeurs y sont présents. Il y a en cet endroit toute la magie de la jeunesse du monde. De ces instants passés, de ces moments d’innocence que l’on regrette parfois. Et le vent. Le vent venu de la mer, venu de loin. De ce vent qui a caressé les îles lointaines couvertes d’arbres. Un vent calme et serein, un vent de renouveau un vent fort et léger à la fois. Et bien sûr le soleil. Ce soleil doux et chaud, si caractéristique de Connla. De ce soleil réconfortant qui donne sans se lasser jamais. Moi-même qui vous parle ici, je suis passé par là. Et je me souviens de sa chaleur sur mon corps exposé. Alors j’imagine sans peine la fougue d’Ajalon, du gardien Ajalon, armé de son gourdin attaquant sans relâche les crabes et les rats de plage. Et j’imagine la joie simple qui était la sienne, parce que déjà, même à cette époque retirée, il savait pourquoi le sang coulait dans ses veines. Et son visage était joyeux comme peut l’être celui de l’homme qui s’épanouie. Car déjà, en son cœur, brûlait cette flamme qui jamais ne s’éteindra. Alors oui, c’est sans hâte que s’écoulèrent les premiers jours du futur protecteur, sans cette volonté maintenant affirmée d’aller vite, si vite, trop vite. C’est pas à pas qu’il progressa, avec patience, en se donnant le temps d’apprendre, se donnant le temps de vivre pleinement ces moments si riches.

La course était finie, le cheval habitué à faire ce trajet alla directement jusqu’à l’écurie où il savait que le palefrenier prendrait soin de lui. Ajalon sauta de sa monture et laissa ses pensées vagabonder. Lentement, il refit le tour du village, allant jusqu’au pont, il prit l temps d’aller sermonner la bande de vauriens qui s’étaient installée à la sortie du village. Il alla saluer les villageois un à un, interrogea la patrouille sur d’éventuels dangers. Il serra avec chaleur la main de celui qui lui avait appris les premiers rudiments. Sans rien leur dévoiler de ses projets, il ria de bon cœur avec eux. Il demanda au palefrenier de laisser la monture qui l’avait portée là se reposer mais de bien vouloir la tenir à disposition pour poursuivre vers Innis. Il lui donna une pièce d’or pour le remercier. Il voulait absolument finir le trajet sur le même cheval.

Ensuite, il alla s’adosser contre la pierre levée et il resta ainsi quelques heures le regard vide. Plus personne ne faisait attention à lui, il était comme fondu dans le décor. La nuit était tombée mais le protecteur était capable d’identifier chaque bruit, chaque mouvement.

Lentement, il se tourna vers la pierre et en étudia tout les symboles. Ses mains étaient posées sur elle et il sentait vibrer sa magie. Lentement, il suivit de ses doigts le tracé des entrelacs, chaque traits, chaque courbures. Il ressentait la force ancienne qui résidait là. Il la savait puissante, très puissante parce qu’elle était celle de Dana Ap Dana, la déesse mère, la créatrice. C’est là quelque part qu’il trouva ce qu’il cherchait.
Ses mains quittèrent la pierre alors que ses yeux restaient fixés sur elle. Ses doigts se refermèrent sur la garde de son épée. Lentement, il la sortie du foureau. Les yeux toujours fixés sur la pierre, il appela sa force, il appela sa flamme. L’énergie afflua en lui comme un torrent, alors il frappa. Un seul coup, porté avec une violence inouïe. Dans le silence de la nuit retentit le bruit sourd d’une lame qui se brise. L’épée forgée par Mugathdem n’était plus. La lame avait explosée en plusieurs morceaux. Il n’en restait que la garde. Ajalon n’y prêta pas attention, il se baissa pour trouver dans le noir ce qu’il était venu chercher. Il le glissa dans sa poche, comme le plus beau des joyaux. Et sans nul doute que c’était le cas… Le plus beau des joyaux.

Alerté, la patrouille arriva rapidement. Il n’avait pas pensé à ça, il allait devoir trouver une bonne excuse. Il bredouilla une explication sans queue ni tête au sujet d’une ombre qu’il avait cru apercevoir et qu’il avait frappé avec son épée avant que celle-ci ne vienne heurter la pierre sacrée et se briser. Il leur expliqua que ce n’était pas grave, qu’il allait prendre une autre arme. La patrouille lui promis d’ouvrir l’œil. Il alla voir le gardien pour tirer de son coffre une arme emballée dans un velours noir. Il la déballa lentement. Cette arme, elle lui avait offert il y a longtemps. Il la sortie du fourreau et contempla la lame sombre dans laquelle scintillaient milles points d’argent pareil à des étoiles.



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Messagepar Johnn » Mer 06 Juil 2005, 16:29

Il attendit que le jour se lève pour reprendre sa route. Comme chaque jour, le soleil pointa au dessus de la mer et ses rayons dorés vinrent réchauffer le protecteur. Une nouvelle aube, un nouveau jour. Un de plus sans doute, mais pas un comme les autres.
Il s’étira et alla directement à l’écurie solliciter auprès du palefrenier le prêt de sa monture de la veille. Il l’enfourcha lentement, le temps n’était pas à l’urgence, il avait bien assez couru. Il posa un dernier regard sur Connla, un regard empli de tristesse et de mélancolie. De nouveaux, ses souvenirs affluèrent mais il les repoussa. Le cheval démarra lentement puis accéléra. Ses sabots claquèrent sur le pont en bois mais il ne ralentit pas sa course et il fût bientôt en vu de la tour de garde et du portail magique installé là par le peuple sylvain.

Puis vînt Cennaï.

La route du sud… Cette route il l’avait fait tant et tant de fois qu’il en connaissait chaque tournant. Et toujours elle allait vers son soleil. Le rythme du cheval était régulier et Ajalon se mis à penser aux autres. Ces autres qui avaient partagés son cercle. Qu’étaient ils devenus… La réponse, il la connaissait. Pour la plupart, ils coulaient des jours tranquilles dans les maisons qu’ils avaient fait bâtir. D’autres avaient disparus totalement sans donner signe de vie. Quand aux derniers, ils continuaient avec acharnement. Il pensa à Flohalyce et à Lekam à leur dernière dispute avant son départ.
Il était heureux que Gorael l’ancien ai rejoint les Messagers.

Et puis bien sûr, il pensa à Karolis. Karolis le barde. L’ami de toujours, le compagnon, le confident. Il était devenu grand et habile. Il était équipé comme un roi de jadis et son chant était devenu fort. Il était riche, riche en or et en platine. Pourtant Ajalon savait que la seule richesse de Karolis était une femme. Une femme qu’il aimait d’un amour sincère et profond sans jamais avoir réussi à le lui avouer. Cette femme, il la cherchait partout où il passait sans jamais la trouver. Comme une blessure cachée, il n’en parlait qu’à lui et avec pudeur. Mais Karolis avait trouvé dans la musique, par la vie qu’il donnait à chaque note, la force de poursuivre son combat. Son chant était doux comme un souffle de printemps mais sa force était grande et il n’abandonnerait pas.

Puis il y avait sourcelune qui était spontanément venu pour le soutenir quand il en eu besoin. Sourcelune de disait jamais rien de vain ou de méchant. Il était toujours là, présent mais très discret. Il vivait dans ses rêves et en apportait quelques morceaux dans la réalité. Il n’y avait pas de peine dans ses yeux, mais toujours la joie et le respect des choses de ce monde. Pourtant jeune, Sourcelune était sage. Sage comme le furent les anciens druides, ceux qui connaissent le secret et le but de la fondation. Bien sûr, il était porteur d’une grande foi qui l’aidait à faire face à la laideur qu’il rencontrait. Mais son cœur restait ouvert, toujours, aux cries et aux larmes autant qu’aux plaisanteries et aux rires. Et dans la mesure des forces que lui donnait la grande déesse, il essayait de guérir.

Karolis et Sourcelune avait présenté à Ajalon un nouvelle ami, un shaar nommé Sableblanc. D’humeur joyeuse, Sableblanc prenait la vie comme un jeu. Il avait fuit dans sa jeunesse le palais de corail pour venir chercher sa liberté à la surface. A le voir, il était difficile de penser qu’il eu un jour été esclave. Il n’en parlait que très peu. Il rappelait à Ajalon l’insouciance de ses jeunes années. La seule chose qui importait au protecteur, c’était qu’il ne mette pas en péril inutilement la vie de ses amis. Mais Sableblanc restait prudent même si il riait de la mort, il la redoutait.

Il aurait aimé saluer Déliana avant de partir, mais elle aurait été capable de l’emprisonner. Les sortilèges de Déliana avaient grandis en puissance, même si elle pouvait s’affiner d’avantage. Pourtant la vraie force de Déliana n’était pas dans cette magie usuelle dont elle faisait peu de cas. Son véritable talent, c’était la connaissance des rituels anciens et de l’histoire du monde. C’était là sa grande passion. Nombres de ses heures de sommeil avaient été convertis en heures d’études. Un apprentissage long et minutieux sur le voile et tous les phénomènes magiques. Parce que Déliana se plaisait à dire que la magie était partout, dans chaque chose vivante, dans chaque interstice, dans chaque chose inanimée. Elle parlait souvent d’une règle universelle, mais le protecteur l’avait laissée à ses divagations. Pourtant il savait que Déliana détenait une parcelle de la vérité. Elle savait des choses cachées, connaissait de multiples secrets.
Ses secrets, elle ne les partageait avec personne, pas même lui, pas même le plus modeste d’entre eux. Nul doute qu’ils devaient peser lourd, trop lourd pour ses frêles épaules, même si sa volonté était plus robuste que l’acier. Déliana avait fait de la solitude son lot, tant est si bien qu’elle était irascible et coléreuse. Avec le temps, elle avait fini par en jouer et elle était devenue odieuse et méchante. Pourtant, ce n’était qu’une façade et Ajalon le savait. Il avait accepté de se soumettre à un des ses rituels magique pour voir les deux tranchants de l’épée et il savait. Il savait qu’elle avait vu au-delà des limites et que lui aussi avait vu. Sans parole, sans mots, sans geste. Il avait vu sa véritable silhouette, son aura dans l’immensité de l’univers. Sans artifices et sans barrière, pure et vulnérable et il avait gardé ce secret. En vérité, après sa bien aimée, la flamme qui inondait son cœur, la personne dont il était le plus proche était cette magicienne d’apparence revêche et tranchante.

Il savait qu’à eux, il leur manquerait. Il ne leur avait rien dit, pas un mot, pas un murmure, aucune allusion que ce soit. Sans doute qu’ils auraient compris, mais ils ne l’auraient pas acceptés. Il y a des chemins qu’on ne peut parcourir que seul.

Pour Ajalon, ce fût celui de Druim Ligen à Innis Carthaig dont il venait de traverser la place.



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Messagepar Absinthia » Jeu 07 Juil 2005, 13:00

<Additionne les chopes au fur et à mesure du récit> faut continuer à raconter, Johnn, j'veux savoir la suite moi, même si chui inquiète pour l'Ajalon :? .

J'aime bien les Z'histoires, moua !
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Messagepar Johnn » Mer 03 Août 2005, 12:08

Ajalon, remercia le cheval, il le mena lui-même à l’écurie. Puis il alla voir Siobhan. Elle n’avait pas vieilli, pourtant ils se connaissaient depuis de longues années. Elle le regarda et son visage s’ouvrit d’un large sourire. Ils se connaissaient bien, souvent il avait logé chez elle avant d’avoir sa maison. Ils avaient partagés de nombreux repas, fait de longues promenades comme de vieux amis.
Aujourd’hui, il venait voir la forgeronne. La forgeronne qui avait caché son talent pour préserver sa tranquillité. Rusée, Siobhan travaillait avec soin, mais son art était bien plus affûté quelle ne le laissait paraître. Voulant une vie paisible, elle se contentait de fournir des produits de bonne qualité pour ne pas être submergée de commande. Mais son talent était si grand qu’elle était parmi les cinq forgerons les plus habiles d’Hibernia. A la grande différence que seul une poignée de gens le savaient.
Ajalon lui avait passé une commande, une commande unique et il était venu lui livrer la dernière pièce. Après une courte discussion, il lui donna la pierre qui serait enchâssée dans le bouclier.
Siobhan fût étonnée par la pierre, elle n’en reconnue pas la matière. Le protecteur refusa de répondre sur son origine, elle compris qu’elle n’aurait pas de réponse et abandonna. Pourtant la pierre était chaude dans sa main et elle pulsait lentement comme si elle était douée d’une vie propre.

Ajalon resta encore deux jours à Innis Carthaig. Les deux jours nécessaires aux travaux sur le bouclier. A l’aube du troisième jour, armé de ce bouclier magnifique, il se prépara au départ.
Il serra Siobhan plus fort que d’habitude et sans doute le remarqua elle car elle fût troublée et son cœur sentit quelque chose. Elle lui demanda quand est ce qu’il reviendrait, il lui sourit et glissa sa main sur son visage. Ils n’échangèrent pas d’autres paroles. Elle le regarda partir jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Il suivit la route qui longe le lac. Une route qu’il avait fait tant et tant de fois. Un petit chemin de terre qui menait vers le théâtre de ses plus beaux combats.
Il passa à côté de la souche où les mîtes grouillaient en une multitude incessante. Puis il continua. Il connaissait chaque branche, chaque pierre, chaque brin d’herbe. Enfin il aperçu les créatures qu’il cherchait. Sous l’apparence de majestueux chevaux noirs, ils semblaient brouter paisiblement. Mais il n’en était rien. C’était des adversaires farouches capables de tuer n’importe quel guerrier. Ajalon avait perdu le compte depuis longtemps. Il n’avait aucune idée du nombre qu’il avait pu en tuer. Avec le temps, les pooka et lui étaient devenus d’avantage que des adversaires et surtout pas des ennemis. Ils se craignaient l’un l’autre dans un grand respect et avec le temps Ajalon était parvenu a comprendre leur langage. Pourtant, il restait un secret qu’il n’avait pas pu percé, celui de leur origine. Parce que les pooka n’étaient pas des chevaux. En tout cas, ils ne l’avaient pas toujours étés.
Il y avait quelque chose de bizarre, Ajalon le sentait. L’un des pooka se mis à hennir et d’autres vinrent le rejoindre. Le bruit des sabots était assourdissant. La terre en tremblait. Lorsque la poussière fût retombée, il se tenait sur le chemin onze pooka et au centre du groupe, un énorme pooka à la robe d’onyx. Il était bien plus gros, bien plus haut qu’un destrier de guerre. Bien plus fort et bien plus robuste. Il était là au milieu des autres comme si ils étaient ses compagnons et son escorte.
Ajalon ne sentait pas l’hostilité mais il se tenait prêt. Il réalisa que par le passé, il avait déjà rencontré ce pooka, une fois, une seule et unique fois lorsque Cuuldurach avait quitté les terres d’ombres pour voler sous le soleil.
Alors il compris qu’il n’y aurait pas de combat et il se détendit. Dans le langage des pooka, il pris la parole :

- J’ai grand joie de te voir pooka, mais pourquoi es tu ici, viens tu donc m’annoncer quelques catastrophes ?
- Si fait homme, pas une catastrophe, mais une source de tristesse.
- Une source de tristesse ? Tristesse est un grand océan que de nombreuses sources viennent gonfler, mais si je puis t’aider, je le ferais.
- Nous somme venu saluer le guerrier et l’ami. Celui qui nous combattit dans le courage et dans l’honneur. Nous sommes ici pour toi Ajalon parce que nous avons entendu les murmures.

<Ajalon ne sût que dire et garda le silence quelques secondes>

- Alors je vous salue également comme doivent le faire deux adversaires qui s’admirent et qu’aucun grief n’oppose. Je salue votre vaillance et votre grandeur d’âme car mis à part un seul, personne ne vous surpasse. N’en prenez pas ombrage car il est le roi de toutes les créatures vivantes.
- Si fait homme, nous n’en prenons pas ombrage car nous savons qui il est et nous te mènerons à lui. Mais avant de partir, nous allons te montrer ce que nul ne sait car nous l’avons caché.

Et lentement, sous une lumière azurée, les pooka changèrent de forme. Ils retrouvèrent celle de ce qu’ils avaient étés. Et bien qu’il ne les eu jamais rencontrés parce qu’il était trop jeune, malgré sa vieillesse, Ajalon reconnu ceux qui étaient en face de lui. Et ils se tenaient droit sous le soleil brillant de la vallée de Lough Gur. Et le lac brillait de milles feux argentés. Il y avaient en eux toute la noblesse, toute la gloire et la force de ce qu’ils avaient été. Et au centre d’eux se tenait le plus légendaire d’entre eux. Alors comme tant d’autres l’eurent fait bien avant lui, Ajalon posa genoux à terre en signe d’allégeance et de respect. Il inclina la tête afin qu’ils ne voient pas les larmes couler sur son visage.
Enfin il fût invité à se relever et lorsqu’il se tînt droit, onze magnifiques chevaux étaient de nouveau face à lui.
Ils n’échangèrent d’autres paroles parce que cela était inutile. Lorsque le plus grand d’entre eux s’approcha de lui, il monta sur son dos parce que c’était là l’ultime cadeau qui lui était offert.
Alors il chevaucha en tête vers les marais de Cullen. Escorté de dix pooka, chevauchant le plus grand d’entre eux, ils allaient vers la passe qui le mènerait aux collines de Sherroes, jusqu’à l’antre de Cuuldurach.




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Messagepar Tower » Mer 03 Août 2005, 12:49

<ne peut s'empecher de penser aux nombreux pookas d'Innis Carthaig et commence à les voir sous une autre forme que des animaux maléfiques>
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Messagepar Cheg » Mer 03 Août 2005, 13:05

Johnn a écrit:Ajalon ne sentait pas l’hostilité mais il se tenait prêt. Il réalisa que par le passé, il avait déjà rencontré ce pooka, une fois, une seule et unique fois lorsque Cuuldurach avait quitté les terres d’ombres pour voler sous le solei


Heureuse de savoir que tu n'as pas oublié cet épisode... Ce jour-là tu avais été notre sauveur...

Une ultime rencontre est-elle prévue avec le Roi Blafard ? Je suis curieuse alors vite la suite :)
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Messagepar Johnn » Jeu 04 Août 2005, 18:47

Et le voyage fut rapide car les pooka allaient grand train et les blafards s’écartaient sur leur passage tant leur terreur était grande. Le tonnerre des sabots frappait les collines en écho comme le grondement du tonnerre. On aurait volontiers crut à la charge de quelques anciens dieux des batailles. L’allure était folle et Ajalon plissait les yeux pour résister au vent. Il voyait défiler le paysage, les vieilles tours en ruine symbole des grandes batailles qui avaient eu lieu jadis. Il sentait la force de cette terre et il entendait les sons venus du passé. Tout ces moments de gloire et de courage, tout les exploits qui avaient été accomplis. Enfin ils arrivèrent à proximité du grand cercle et les pooka s’arrêtèrent.

- Si fait maître protecteur ici se séparent nos chemins et j’ignore si ils se croiseront encore. Puisse le tien être celui que tu as désiré.

- Adieu seigneur des chevaux et des hommes, puisse les temps nouveaux être aussi beaux que les temps passés.

Tout deux s’inclinèrent et les pooka disparurent de la même façon qu’ils étaient venus. Alors Ajalon se tourna vers le cercle de pierre, les battements de son cœur se firent plus rapides. Il sentait la présence du grand dragon, avec courage, il s’avança.

Cuuldurach était là, sur son trône dressé et il regardait le protecteur s’avancer. C’est alors qu’un chevalier blafard, apercevant un danger se rua en direction d’Ajalon. Il n’eu pas le temps de parcourir la quart de la distance que les séparait. Un éclair le frappa de plein fouet et il explosa.

Ajalon ne fût qu’à moitié surpris par l’intervention de Cuuldurach, il pensait toutefois que le dragon aurait voulu s’amuser un peu avant leur affrontement. Il resserra la prise sur son bouclier et entra dans le cercle du roi blafard. Sur sont lit de pierre, le dragon le laissa approcher.

- Ainsi tu es venu Ajalon protecteur du royaume. Tu es venu me défier, et tu le fais seul. Ce n’est pas bien prudent. Me prends tu pour un vulgaire ennemi ? Je sais qu’il en est rien. Alors dis moi pourquoi, même si je le sais déjà.

Le protecteur fût gêné par les paroles du dragon, et il réalisa qu’il était stupide d’avoir tenté de le duper. Il avait imaginé que ce serait plus simple et plus facile. Toutefois, il était soulagé parce que leur relation resterait ce qu’elle avait toujours été, un défi dans le respect et l’honneur.

- «Je suis venu te trouver pour te demander ton aide, puissant Cuuldurach, pour sentir sur mon corps le souffle de tes entrailles. Pour qu’il consume mon être et brise ma pierre de vie. Parce que ma vie ici est à son crépuscule et que je ne veux plus y revenir jamais. Il n’y a plus rien pour moi ici, je ne fais plus partie de ce monde, plus partie d’aucun autres. Alors je suis venu pour qu’au nom de ce qui nous uni, pour que tu acceptes ma demande et me rende cet ultime service.

- Tu es venu me demander de te tuer. Tout ceux qui sont venus ici l’ont fait pour tenter de me tuer moi, qui suis immortel et pour me voler mes trésors. Et toi, tu viens ici me demander de te tuer. Et même d’avantage, de défier la dame et de briser la pierre que son éclat a façonné. En serais je capable, pourquoi le ferais je ?

- Par respect pour le vieil adversaire que j’ai toujours été et pour la cause que je sert.

- Je t’ai vu Ajalon concentrer ta peine et ta rage jusqu’à son paroxysme pour réussir à libérer ta pierre, mais je t’ai vu naître, grandir, je t’ai entendu rêver comme j’entends tout ceux de cette terre. Parce que j’en suis l’esprit et le cœur. Oui tu as raison, de toutes les forces présente dans ce monde, je suis le seul qui aurait pu briser cette pierre. Mais depuis longtemps, je ne peux plus. Je suis resté ici, dans les ombres trop longtemps, on m’y a mis pour que je m’affaiblisse et c’est ce qui c’est produit. Je suis plus faible que jadis et je ne peux pas briser cette pierre.

Ajalon fût frappé par cette révélation, il y avait cru si fort et une fois encore, il était déçu. En quelques secondes, tous ses espoirs s’envolèrent faisant peser sur ces épaules un poids énorme.

- Alors ma quête est vainne et elle glisse entre mes mains comme le temps qu’on ne peu attraper. Pourtant je l’ai rêvé et je l’ai vu, tout était si réel.

- C’est ainsi Ajalon sauf si… Sauf si…

Alors sortit de derrière la pierre levée, une silhouette gracile et frêle s’avança. Son port était droit comme celui d’une reine car c’était une femme qui s’avançait, plus précisément une elfe. La tenue qu’elle portait était celle que portait jadis son père, et avant son père, le père de son père depuis que la lune et le soleil venaient éclairer le royaume, depuis la venue des premiers nés. Et le bâton qu’elle tenait dans ses mains était une relique, le plus puissant des artefacts elfiques jamais forgé. Elle le tenait aussi de son père, Elvar. Elvar l’archi mage, celui qui avait mis au point avec d’autres mages de grande puissance, le rituel pour enfermer Cuuldurach dans ce cercle de pierre et couvrir les collines de Sherroes d’un voile d’ombre. Celui qui avait forgé le rituel du triangle basé sur la puissance du vide, du soleil et de la lune. Les trois types de magie, unis en une seule force. Ce rituel nécessitait de grands sacrifices et Elvar n’eu pas le droit d’y participer. A sa grande honte, car il était l’œuvre de sa vie.
Elle se tenait là et froidement, elle avançait vers le dragon et l’homme. La magie qui irradiait du bâton envoyait des rayons de lumières vers les murs brillants du cercle de pierre. Alors la magicienne arriva devant Cuuldurach et elle ôta la capuche qui dissimulait son visage. Sans un regard pour Ajalon, elle s’adressa au roi blafard :

- Je suis venue ohh grand roi, comme le firent jadis mes ancêtres, je suis venue et j’ai répondue à ton appel. Respecteras tu ta parole dragon ?

- Je m’incline avec respect devant le savoir et la puissance de tes ancêtres Déliana fille d’Elvar et devant l’art qui coule désormais dans tes veines. Je respecterais ma parole car je suis Cuuldurach, le roi de tout ce qui vie sur la terre d’Hibernia. Et toi fille d’Elvar, es tu prêtes ? Et tu prêtes au sacrifice ?

Il n’y eu pas de réponse, Déliana se plaça au centre du cercle et commença ses incantations. Sa voix gonflait en puissance pour devenir un bruit assourdissant. Ajalon ne comprenait pas les paroles qu’elle prononçait et Cuuldurach fût ravit dans son âme immortelle de les entendre à nouveaux. C’était du haut elfe, le premier langage des elfes bien avant la séparation. Déliana alla chercher au fond d’elle-même les mots et les paroles idoines sa magie renforcée par le bâton enfla pour arriver à son point culminant. Enfin, les cristaux du cercle se mirent à briller d’une lumière intense formant un dôme avec le bâton en point d’orgue. La lumière était si vive, qu’Ajalon avait fermé ses yeux et se cachait le visage de ses mains. Cuuldurach lui grandissait en taille et en force. Enfin le triangle fût rompu sur la flèche du vide et Déliana dût faire un effort surhumain pour ne pas s’effondrer. Elle recouvrit son visage avec sa capuche et quand Ajalon ouvrit les yeux, elle sortait déjà du cercle.

Il voulu se lancer à sa poursuite et il se dirigea vers elle. Avant qu’il n’ai pu faire trois pas, Cuuldurach le stoppa :

- Et bien protecteur, me quitteras tu maintenant alors que je vais pouvoir exaucer ta demande ?? Vois ce soleil comme il brille et nous réchauffe.

- Que c’est il passé dragon, que faisait Déliana ici ?? Où est elle partit ??

- Et bien ! Tu n’en as donc aucune idée ?? Tu n’as rien compris ? Tu sais pourtant que je tire ma force de la lumière et du soleil et que j’ai été emprisonnée ici. Elle a brisée la flèche du vide. Elle a rompu le triangle. Mais ça ne durera que quelques minutes. Le temps que la magie du soleil et de la lune repousse le vide et rééquilibre le triangle. De nouveau je retournerais dans l’ombre et je m’affaiblirais.

- Quelle est la promesse que tu lui as faite ?

- Je lui ai donné ma parole que je ne sortirais pas du cercle tant que le triangle ne serait de nouveau intact. Même si j’en ai grande envie.


- Et quel est le prix si cher de se sortilège ?

- Elle ne t’a rien dit n’est ce pas ?? Tu ne savais pas qu’elle viendrait. Pour alimenter sa magie, elle a fait la même chose que ceux qui ont créés le triangle ont fait.

- C'est-à-dire ??

- Elle a consumée son immortalité et par ce fait, elle a brisée sa lignée.



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Messagepar Cheg » Jeu 04 Août 2005, 20:58

Hum décidément cette chère Déliana est toujours là quand il le faut... où quand il ne faut pas....

Je l'ai toujours appréciée malgré son attitude détestable... Ainsi comme les elfes du temps jadis, ceux qui avaient juré de garder le secret du triangle magique, elle a renoncé à son immortalité... Voilà qui me laisse bien songeuse...

Et toi Ajalon, protecteur au grand coeur, que va-t-il advenir de toi ?
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Messagepar Johnn » Ven 05 Août 2005, 12:17

Il fallut plusieurs dizaines de seconde au protecteur pour digérer cette information. Le choc était rude, il ne comprenait pas et il ne l’acceptait pas. Il ne méritait pas ce sacrifice, il ne l’avait pas demandé, il n’avait jamais voulu faire de tord à personne. Alors pourquoi. Pourquoi avait elle fait ce choix, pourquoi sur cet autel, elle avait abandonner son bien le plus précieux, celui de son éternelle jeunesse, celui qui lui permettait de pouvoir étudier encore et encore les livres et les grimoires dont elle était si friande. Il fallait revenir en arrière, il devait lui parler, il y avait forcement un moyen.

- Et bien Ajalon, te voilà seul face à toi-même. Une fois de plus. Tu te demandes pourquoi elle a fait ça, pourquoi elle t’a donnée ses années à venir. Au fond tu connais la réponse. Tu te demandes ce qu’elle va devenir maintenant que le temps a planté ses crocs sur elle. Et ça, tu le sais aussi, elle va s’éteindre comme une bougie qui se consume. Il ne lui reste plus guère d’années mais ses années qui lui restent seront sans doute les plus belles de toute sa vie d’elfe. Elle a choisi par cet acte de racheter ses fautes, c’est sa façon à elle de te remercier et de te dire au revoir. Tu as peu être peu d’amis Ajalon, mais tout ceux que tu as sont sincères et dévoués. Respecte la voie qu’elle a choisie. Respecte la et finissons en avant que le triangle ne se referme.

Ajalon hésita encore quelques instants et enfin, il compris. Il se tourna alors vers Cuuldurach, dans un air de défi, il tira du fourreau son épée. Comme à l’accoutumée, la lame noir brillait et scintillait d’étoiles. Il serra les sangles de son bouclier et dans un dernier élan, comme il l’avait fait la première fois qu’il avait vu le dragon, il hurla le nom de sa bien aimée et il se rua contre le roi blafard.

Alors Cuuldurach, le père de toutes les créatures vivantes sur la terre d’Hibernia, Cuuldurach, le grand dragon, le premier représentant de la dame et de son éclat, Cuuldurach, le roi blafard, Cuuldurach, relâchât son souffle en un torrent de feu et de magie. Et ce fût un déluge de flammes car ce souffle contenait la force du soleil dont il était le fruit. Renforcé par la magie et l’âme du dragon, il était bien plus chaud que la lave d’un volcan, en son sein, rien ne pouvait vivre qui ne soit consumé. Et son souffle dura alors que le corps d’Ajalon n’était plus que poussières et cendres. Alors que le bouclier se tordait, la pierre de vie du protecteur se fissura et éclatât. Lorsque les flammes cessèrent il ne restait plus rien. Sa pierre de vie brisée, c’est l’intégralité de son être qui venait d’être détruit. Au-delà de sa chaire, c’est son étincelle de vie qui avait disparue. D’Ajalon AileAzur il ne restait rien que les petites flammes qu’il avait allumées dans les cœurs de ses amis et le souvenir.

Alors qu’il sentait se fermer le triangle, Cuuldurach se rassit sur son trône de pierre et il prononça ces derniers mots :

- « Adieu fils du dragon, tu me laisses bien seul mais je n’oublierais pas cette leçon que tu m’as donné. »

Et il ferma les yeux.


Alors que le silence était revenu dans les collines de Sherroes, alors que le dragon avait fermé les yeux, des notes s’élevèrent en une douce mélodie. Ces notes étaient chargées d’une grande tristesse et de grandes peines. Mis à part le Cuuldurach, une seule personne les entendit. Elle joignit sa voix à la musique et son chant était chargé de mélancolie et de pleurs. Ce chant n’avait pas raisonné depuis des années dans le monde des hommes et celui qui l’avait écrit était partit depuis longtemps.
Déliana chantait en elfe lune et son chant était un hommage à un roi. Le roi Aëlind du peuple des elfes lune fauché à la bataille contre les trolls pour défendre l’arbre vie. Les notes continuèrent et le barde Karolis et y mis ton sont talent et toute son âme. Ces deux sons se mélangèrent en un accord parfait et toutes les créatures vivantes dressèrent l’oreille et se laissèrent pénétrer par sa force.


A quelques lieu de là, au milieu d’un cercle de pierre, sous l’œil vigilant de Bran le géant, vêtu simplement d’un pagne et le corps couvert de glyphes et de runes, Sourcelune ouvrait les bras et les mains tendues vers le ciel il implorait la grâce de la grande dame. Il parlait dans la langue des druides, un langage fait d’air et de feu, de terre et de larmes. Tout son être tendu à l’extrême en une humble prière.


Très loin de là, dans les terres du nord du royaume de Midgard, alors que ses ailes se déployaient pour prendre un courrant ascendant, un faucon dont la pointe des ailes était de plumes bleutées tomba.
Sans vie, il chuta et il disparu dans la tourmente et le froid.


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Messagepar Flohalyce » Dim 07 Août 2005, 12:41

<Installée non loin de Johnn le conteur, une guerrière reste silencieuse.

Vêtue d'une tenue de forge en cuir, il faut la connaître pour savoir qu'elle a été finelame, même si les fines cicatrices parsemant ses bras et les rides marquant son visage trahissent une longue vie remplie de combats.

Elle se perd dans ses pensées, dans ses souvenirs. La voix de Johnn résonnant doucement dans sa tête et éveillant tant d'images.

Elle revoit Ajalon le protecteur, qu'elle a beaucoup cotoyé un temps. Ajalon le fier pourfendeur de Pookhas, Ajalon qui avait mené tant d'expéditions pour affronter Cuuldurach.

Elle se souvient de sa prestance dans l'armure rutilante, de son courage à la guerre, et aussi de ce fort qu'ils avaient conquis à une poignée d'amis, il y a si longtemps.

Elle revoit également la complicité qui le liait à son aimée, le contraste entre le guerrier et l'homme amoureux. Une ombre de sourire passe sur le visage de la finelame, alors qu'elle se dit qu'Ajalon faisait preuve de la même force, entêtement et honneur, dans son mariage que sur les terres de batailles.

Elle songe également à l'intense et douloureuse solitude qu'il a dû subir, qui ne l'empêchait pas de se tenir droit et de tant donner à son nouveau clan.

Puis elle imagine l'ultime affrontement contre le Dragon, elle ressent les choses comme si elle y avait assisté, et ses yeux perdus dans le vague se remplissent de larmes.
Larmes qui ne coulent pas toutefois. Elle sait. Elle sait qu'enfin les tourments du grand protecteur sont terminés, et qu'il fallait qu'il en soit ainsi.>

Adieu Ajalon <murmure-t-elle>
Flohalyce

Finelame & Forgeronne
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Messagepar Johnn » Mar 09 Août 2005, 12:46

Ainsi, c’est fini. J’ai franchi le seuil et je suis libéré. Mais où suis-je donc ? Je devrais être néant, je ne devrais plus penser. Qui suis-je, je n’ai plus de souvenir. Juste celui d’une chaleur immense. Quel est cet endroit ? Pourquoi suis-je là ? Je n’ai pas peur, je n’ai pas faim, quels sont ces habits de métal ?
Enfin. Je me souviens ce sont mes habits, mon armure de protecteur, celle que je portait avant. Avant… Avant le grand brasier. Je n’ai ni arme ni bouclier, que suis-je sensé faire ici. Je vais prendre ce pont et chercher une route.

Me voilà maintenant entre deux ponts, cette petite île est étrange et étroite. A égale distance entre les deux, je décide de m’arrêter et de voir. Il me faut choisir, encore.

Et mes yeux voient comme si j’avais fais vœux. Mais c’est un cauchemar. Il y a une personne sur chacun des ponts. Sur l’un, un enfant, une petite fille. Sur l’autre c’est elle. Je le sais, pourtant elle ne devrait pas être là. Soudain voilà que les flammes viennent simultanément lécher les ponts. Elles vont fuir.

Non elles ne bougent pas, ni l’une, ni l’autre. Je leur hurle de partir, mais elles ne bougent pas. J’ignore pourquoi elles ne bougent pas. Maintenant je réalise avec effroi que je ne pourrais pas les sauver. Si je traverse les flammes et le pont, si j’y arrive, j’en sauverais une, mais l’autre périra.

Je dois choisir, choisir vite. Entre mon amour et une enfant inconnue. Je sais qui je suis, je suis Ajalon AileAzur et je suis son protecteur. Je dois la sauver, ma vie n’est rien sans elle.

Pourtant j’hésite et le temps que je laisse filer et comme du sang qui s’écoule d’une blessure ouverte. Je me tourne et me retourne pour chercher un signe. Il n’y en a pas. Je dois agir, vite, très vite.

Alors je me lance à travers le mur de feu qui a progressé. La douleur est immense, je vais mourir. Le doute me ronge, je n’y arriverais pas. Tenir, tenir, je dois tenir. Je brûle.

Je suis Ajalon, je suis protecteur, je dois sauver cette vie. Dans un cri, je libère ma force intérieur et j’invoque la meute. Je sens couler sa force en moi et l’espace d’un instant. Je suis soulagé.

Enfin je la saisie et dans ma course, je l’éloigne du danger. Mon corps me fait atrocement mal pourtant je me sens léger.

Je pose la fillette sur le sol. Je la regarde et ses yeux me transpercent. Je suis a genoux devant elle. Elle pose sa main sur mon visage.

Je me sens bien, bien mieux que je ne l’ai jamais été, je ne sens plus la souffrance. Elle me parle de sa petite voix.

- Pourquoi m’as-tu sauvée, tu aurais pu avoir ce que tu désirs tant.

Je ne réalise pas tout de suite le sens de sa question. Je pensais qu’elle allait me remercier et peu être me faire un bisou enfantin. Mais je la regarde et dans ses yeux je vois quelque chose que je ne saurais décrire. Je me sens si petit, assez petit pour réaliser enfin que l’enfant n’est pas la petite fille, mais moi. Enfin je me décide à répondre :

- Je t’ai sauvé parce que … Parce que dans mes yeux tu étais une enfant. Et que mon amour pour elle, aussi fort soit il, ne peut supporter ce sacrifice. Parce qu’en la choisissant elle, je n’aurais servi que moi et ce faisant, je me serais menti, j’aurais renié ce que je suis et je l’aurais perdue à jamais.

- Pourquoi as tu brisé le don que je t’avais offert, ne crois tu pas en moi ?

- J’ai tenu l’épée, j’ai senti sa force s’écouler en moi. Son énergie m’a porté au-delà des cieux, par delà les frontières du monde où tu m’as créé. Et j’ai lutté contre le tranchant de l’épée. Le second tranchant de l’épée. Mais la lutte était inégale parce que je suis allé plus loin qu’aucun autre avant moi. J’ai attendu sa force, je l’ai supplié et j’ai hurlé son nom. Alors que la lame s’enfonçait toujours plus profond pour me détruire vraiment. Alors j’ai douté de lui, mais j’avais tord. J’ai fini par comprendre que je ne gagnerais pas parce qu’il faisait parti de moi. Alors je l’ai accepté, puis je l’ai accompagné puisque c’était mon chemin et le prix à payer. Et je n’ai aucun regret parce qu’il n’existe rien de plus fort que ce que j’ai eu et de tout ceux à qui tu as donnée vie, je suis celui qui fût le plus heureux.

- Et le plus triste… Alors je vais te renvoyer pour protéger puisque c’est ton vœu et que tu as bien mérité que je fasse preuve d’indulgence. Et tu connaîtras la plénitude parce que tu pourras poursuivre ta mission et ton œuvre jusqu’à la fin que j’aurais décidée. Vas Ajalon, vas et qu’il en soit ainsi.


Dans les collines de Sherroes, les notes de Karolis et le chant de Déliana entremêlé allait toucher à leur fin. Le temps c’était arrêté devant la magie de la musique et le soleil était encore haut.
Pourtant sans que l’on en connaisse la raison, la lune se leva lentement et elle éclipsa le soleil. Bientôt il fît nuit noire.

La musique était finie et dans ce silence, les choses prenaient une dimension étranges et confuses.

Cuuldurach remua sur son trône de pierre et il ouvrit les yeux. Il regarda dans la direction de Karolis et Déliana et scrutait dans la pénombre. Enfin il regarda le ciel sombre.
De son œil coula une larme. Une seule et unique larme brillante comme une étoile. Cette larme au lieu de s’écraser s’éleva vers les cieux et dans une traîné bleutée elle grimpa encore et encore. Elle alla rejoindre une autre étoile et leur brillance se confondit.

Déliana secoua la tête et son visage s’ouvrit d’un grand sourire.

- Ajalon, tu ne cesseras jamais de me surprendre, rejoindre Merak, la troisième de la grande ours, voilà exploit qu’on ne verra pas tous les jours.

D’un regard, elle fît signe à Karolis qu’il était temps de partir, et ils s’en furent alors que le soleil regagnait sa place.




Voilà l’histoire que je voulais vous conter. C’était celle d’un ami. Celle d’un homme qui c’est battu pour que vivent les rêves ailleurs que dans nos cœurs. Et il est toujours là, au dessus de nous comme un ange gardien, un messager sacré et il veille et nous protège. Parfois bien sûr, il me manque et je dois attendre la nuit pour lui parler. Mais il est comme une lueur dans les ténèbres et quand je me perds je regarde Merak et j’entends sa voix qui me rassure.

<Johnn se lève lentement et sort du cercle silencieux>


Fin.
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